Identités Numériques

mars 25, 2008

Tous juges, tous jugés

Classé dans : identité numérique — axelid @ 5:43  
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Parmi les sites qui permettent de découvrir d’autre sites il en est qui sont particulièrement intéressants, ce sont ceux qui permettent un jugement qualitatif sur le contenu. Des sites tels que Technorati, Digg ou Wikio sollicitent votre avis en permanence. Chacun peut les consulter ou mieux, s’y inscrire et voter pour les articles disponibles. Les articles en questions sont importés des blogs qui soumettent leur contenu automatiquement. Tout éditeur  d’un blog ou site aura intérêt à s’inscrire et à soumettre son contenu, peut être grâce à eux, son travail sera reconnu et apprécié. L’intérêt pour les simples lecteurs est de repérer rapidement les articles populaires, c’est a dire pour lesquels d’autres on déjà voté. La réactivité de tels sites contrairement aux moteurs de recherches est immédiate et donc  parfaitement adaptée aux nouvelles. Pareillement, un site d’information tel que Rue 89,  permet à ses lecteurs de noter les commentaires en réactions aux articles. Une réaction mal notée car jugée peu pertinente sera masquée pour faciliter la lecture des autres commentaires.  

 De la même façon que nous votons pour le contenu d’un article ou un commentaire, nous pouvons voter pour des individus. Lorsque sur eBay ou Amazon nous achetons un produit à un inconnu, comment vérifier la fiabilité du vendeur ? Par la consultation de son évaluation. Des clients de ce vendeur une fois la transaction faite, vont pouvoir voter et apprécier la prestation offerte. La réputation de l’individu est directement consultable par tous et c’est la un avantage appréciable par rapport à la vie réelle. Si j’achète un bien d’occasion par le biais d’un journal de petites annonces c’est un véritable bon dans l’inconnu.

 Ce principe de notation  s’applique aussi au commerce électronique et aux produits, sur des sites tels que  Toluna, ou Ciao et avant votre prochain achat je vous invite à y faire un tour. Le fait que ces votes et témoignages semblent venir de particuliers, leur donne un poids qu’aucune campagne de publicité n’aura jamais. Ce principe est utilisé quotidiennement par les publicitaires sous la forme de témoignages clients ou testimonial rédigés par les agences et joués par des comédiens. La ficelle est tellement grosse, que l’on se demande comment cela peut encore marcher. Sur internet la tentation doit être bien grande pour eux d’influencer de tels forums ou site d’évaluation. Les professionnels en sont bien conscient et depuis 2005 s’interdisent dans leur code de déontologie d’induire l’internaute en erreur sur le caractère publicitaire du message et la qualité de l’émetteur. L’objectif déclaré de  ce code déontologique spécial internet est de « contribuer à créer un environnement électronique dans lequel les consommateurs pourront avoir pleinement confiance ». La confiance une fois de plus.

mars 23, 2008

Ces inconnus réputés

honore-daumier-2.jpgOn peut s’abriter derrière un pseudonyme mais dés que l’on s’exprimera publiquement on acquerra une réputation, c’est-à-dire l’opinion que se fera de vous, votre audience. L’avantage évident du pseudonyme c’est que si elle est mauvaise, elle n’entachera pas votre vie réelle, l’inconvénient c’est que si vous arrivez à la célébrité, votre désir de reconnaissance sera peut être frustré.

Quand je lis Maitre Eolas, un de ces blogueurs influents du net, j’écoute son opinion et lui fais confiance sans même le connaitre. Comment en est il arrivé la ? Mais d’abord, comment suis-je tombé sur son blog ? Par le biais d’un autre site, qui renvoyait sur un billet, qu’il avait fait concernant un procès m’intéressant à l’époque. Le prescripteur appartenait à une communauté dont je faisais partie. J’accordais du crédit à ce prescripteur du fait même que nous partagions en commun un certain nombre d’intérêts. C’est donc une première relation de confiance et complicité qui me fit découvrir maitre Eolas.

Une fois sur son blog, il me conquit par ce qu’il écrit. Le mélange de notes sur la justice, les lois et de billets plus personnels qui laissent deviner un personnage taquin et amateur de rugby, me convainquent que j’ai là un vrai individu qui s’exprime. Ce n’est pas une organisation, un parti qui communique, c’est un semblable. Qui plus est, un semblable talentueux dans son expression, et doté d’un véritable savoir, qu’il partage généreusement. Il à choisit l’anonymat et s’en explique ici. Ses raisons, toutes respectables, sont à la fois légales, déontologiques, et pratiques. Son anonymat lui donne une liberté qu’il n’aurait pas sous son vrai nom.

Du fait de son talent, mais aussi de la conviction que j’ai qu’il s’agisse d’un individu, il a sur moi et son audience un pouvoir d’influence dont il se défend modestement. Son opinion compte pour moi, plus que celle d’un politicien législateur, plus que celle d’un journaliste, qui se prétend objectif et ne maitrise que rarement aussi profondément le droit. Son discours crédible et sa réputation excellente lui ont permis de gagner en notoriété. D’autres blogs l’ont cité améliorant ainsi sa visibilité dans les moteurs de recherche attirant ainsi de nouveaux lecteurs. Les internautes se sont partagés le lien, utilisant des sites tels que technorati ou wikio, pour signaler aux lecteurs de ces plateformes son existence. Aujourd’hui il est considéré comme un des blogeurs les plus influents du net. Enfin consécration suprême il a droit à sa propre page sur wikipédia sous son nom de plume. Parce que j’aime ce qu’il exprime et parce que j’en parle je lui donne une bonne réputation, parce qu’il a du talent et bénéficie de cette bonne réputation il gagne en notoriété attirant ainsi de nouveaux internautes, parce que son auditoire s’agrandit, son pouvoir d’influence augmente et il devient célèbre. Si demain Maitre Eolas se met à raconter des galéjades,  la confiance sera rompues et j’irai voire ailleurs. Son pseudo est un bien, au même titre qu’une marque, ce bien est précieux mais précaire, cela fera l’objet d’un autre billet.

mars 22, 2008

Histoire d’un pseudonyme

Classé dans : identité numérique — axelid @ 12:51  
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CarnavalEn 1997 quand il a fallut choisir ma première adresse email je me suis trouvé désemparé en me rendant compte que mon prénom était déjà pris. Devant mon hésitation, c’est l’installateur du câble qui me baptisa. Habilement il combina les deux premières lettres de mon prénom à celles de ma tendre et douce, le tout formant un mot de quatre caractères à la sonorité agréable. Ces quatre lettres allaient devenir moi.

Sur tous les sites nécessitant une inscription, j’utilisais ce pseudo. Petit à petit en plus de mon cercle d’ami, je me fis connaitre auprès d’autres internautes sous ce nouveau prénom. L’IRC, ancêtre des différents salons de discussions, régnait en maitre et personne n’aurai eu l’idée saugrenue de donner sa vraie identité pour s’identifier. Ce pseudo survécut même à la séparation d’avec ma concubine, cinq ans plus tard. J’étais trop « connu » de tous mes contacts sous ce nom pour m’embêter à le changer. Plus cocasse encore, revenant passablement éméché d’un réveillon du nouvel an je déposais le nom de domaine associé à mon pseudonyme. L’idée qu’une société ou un individu puisse monter un site web en utilisant ces quatre lettres m’horrifiait.

Puis un jour je me lassais de tout cela, j’en eu assez de la mascarade. J’utilisais mon vrai prénom. Aujourd’hui j’ai deux adresses email. Une composée de mon prénom et mon nom et une autre composée d’un jeu de mot douteux qui ne peut faire sourire que les informaticiens… Chaque fois que je dois m’inscrire quelque part je dois choisir laquelle de ces deux adresses je vais utiliser. Ma vraie identité ou la fantaisiste ? Grosso modo dés que c’est sérieux j’utilise la première et dés que je me méfie, ou ne souhaite pas être reconnu j’utilise la seconde. Le dévoilement de ma vraie identité présuppose la confiance. Confiance dans les autres mais aussi confiance en moi lorsque je m’exprime comme ici.

mars 20, 2008

Sur internet personne ne sait que vous êtes un chien

Classé dans : identité numérique — axelid @ 8:49  
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Sur internet personne ne sait que vous êtes un chienDerrière ce dicton datant de 1993, autant dire la préhistoire du net, se cache l’idée que sur internet nous sommes tous anonymes et que rien ne nous identifie.Du fait de cet anonymat nous pouvons choisir l’identité que nous voulons et nous faire passer pour ce que nous ne sommes pas. Qu’en est il aujourd’hui ?

Tout d’abord un an après la parution du dessin de Peter Steiner dans le New Yorker, Lou Montulli aura l’idée d’utiliser les cookies sur le web. Les cookies sont ces fichiers textes que les sites visités déposent sur votre ordinateur et qui leurs permettent de vous "identifier". Dans ces fichiers le site inscrira certaines informations qu’il a enregistrées sur vous et qu’il jugera pertinentes. Les cookies ont une durée de vie limitées avant d’être effacés. Dans la pratique un site comme google dépose sur votre ordinateur un cookie d’une durée de vie de 30 ans ! Mieux encore alors que les cookies sont censés n’être exploitables que part le site qui l’a déposé, certains cookies tiers peuvent vous suivre d’un site à un autre pour mieux connaitre vos habitudes de surf. Typiquement ce sera les cas des bannières publicitaires affichés sur les sites qui adaptent leurs messages en fonction des sites visités. Une visite de la CNIL vous donnera un faible aperçu des traces que vous laissez sans mêmes vous en rendre compte. Il existe des moyens pour se protéger des cookies et autres méthodes de traçage de l’internaute mais elles sont largement ignorées par le grand public. Selon une étude récente de ComScore ce sont 336 milliards de données personnelles qui ont étés récupérées en un mois par cinq sites !

Bref même si nous cachons notre identité aux autres utilisateurs derrière un pseudonyme nous sommes de moins en moins anonymes vis à vis des sites que nous visitons. Mieux ou pire, ce relatif anonymat, nous sommes de plus en plus incités à le quitter afin de partager volontairement notre véritable identité avec d’autres tiers. Tout d’abord sur les sites marchands nous autorisons les commerçants à savoir qui nous sommes. Ensuite lorsque nous cherchons du travail et déposons notre CV en ligne, visible par de futurs employeurs inconnus. Enfin sur les réseaux sociaux nous partageons notre identité avec tout les membres de ce réseaux. .Une recherche sur son nom et prénom sur internet aura des résultats bien étranges, depuis la pétition signée en ligne dans un accès de fibre militante, jusqu’à sa photo d’école maternelle . Dorénavant, sur internet tout le monde sait que vous êtes est un chien , de quelle race et quelle est votre pâtée préférée.

PS: Il existe évidemment des moyens de rester anonyme je n’en discuterai pas, mais pour ceux que ça intéresse Reporters sans Frontières à fait un dossier assez complet ici.

mars 19, 2008

Identité Numérique

Classé dans : identité numérique — axelid @ 5:48  
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Cartographie de l’identité numériqueNotre Identité numérique est constituée de l’ensemble des contributions et traces que nous laissons sur les sites web. Le web outil interactif par définition est un lieu d’expression de plus en plus riche. Le Web 2.0 a renforcé encore cette tendance et l’on ne compte plus les sites dont le contenu est fait par les utilisateurs (Blog, Wikipédia, site d’information collaboratif…). Plus nous utilisons le web et plus nous laissons de traces qui sont autant de révélateurs de notre personnalité, de nos gouts, nos opinions, nos amis etc.. La ou l’histoire se complique c’est lorsque l’on veut contrôler cette image que l’on donne de soi en publique. L’internet à une mémoire d’éléphant et googler son nom peut être une expérience surprenante voire désagréable qui vous renvoie des écrits vieux de plusieurs années que vous avez renié depuis longtemps. Utiliser partout son vrai nom n’est évidemment pas souhaitable. Pour de plus en plus de personne l’utilisation du net passe par une utilisation multiple de pseudo allant de leur vraie identité lorsqu’ils font leurs déclarations d’impôt en ligne à d’autres complètement fantasmées par exemple lorsque qu’ils jouent. Certains parlent de schizophrénie numérique, je préférerais dire multiplicité digitale pour décrire la tendance d’une personne à s’adapter à différents auditoires, différents lieux. Gérer ces différentes identités suivant les différents besoins devient un casse tête qui à chaque fois que l’on fera quelque chose amènera à se poser la question est ce que je veux que l’on sache que c’est vraiment moi qui ai fait ça ?

mars 9, 2008

Préambule

Classé dans : Uncategorized — axelid @ 6:38  
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Bonjour, la dérive inéluctable de Facebook un réseau social respecté et ludique, vers un carnaval permanent de plus en plus douteux m’a amené à me pencher sur l’identité numérique. Dans ce blog je vais tenter d’avoir la vision la plus globale du sujet  faisant des aller-retour entre nos vies sur le net et celles hors ligne, en soulevant les différentes problématiques et en essayant d’y trouver des réponses. Si j’arrive à enrichir ma réflexion sur le sujet tout en le rendant accessible au moins techniciens d’entre nous alors le pari sera gagné. Bonne lecture et n’hésitez pas à m’interpeller, me corriger, ou me contredire. Ce blog est fait pour cela.

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