En 1997 quand il a fallut choisir ma première adresse email je me suis trouvé désemparé en me rendant compte que mon prénom était déjà pris. Devant mon hésitation, c’est l’installateur du câble qui me baptisa. Habilement il combina les deux premières lettres de mon prénom à celles de ma tendre et douce, le tout formant un mot de quatre caractères à la sonorité agréable. Ces quatre lettres allaient devenir moi.
Sur tous les sites nécessitant une inscription, j’utilisais ce pseudo. Petit à petit en plus de mon cercle d’ami, je me fis connaitre auprès d’autres internautes sous ce nouveau prénom. L’IRC, ancêtre des différents salons de discussions, régnait en maitre et personne n’aurai eu l’idée saugrenue de donner sa vraie identité pour s’identifier. Ce pseudo survécut même à la séparation d’avec ma concubine, cinq ans plus tard. J’étais trop « connu » de tous mes contacts sous ce nom pour m’embêter à le changer. Plus cocasse encore, revenant passablement éméché d’un réveillon du nouvel an je déposais le nom de domaine associé à mon pseudonyme. L’idée qu’une société ou un individu puisse monter un site web en utilisant ces quatre lettres m’horrifiait.
Puis un jour je me lassais de tout cela, j’en eu assez de la mascarade. J’utilisais mon vrai prénom. Aujourd’hui j’ai deux adresses email. Une composée de mon prénom et mon nom et une autre composée d’un jeu de mot douteux qui ne peut faire sourire que les informaticiens… Chaque fois que je dois m’inscrire quelque part je dois choisir laquelle de ces deux adresses je vais utiliser. Ma vraie identité ou la fantaisiste ? Grosso modo dés que c’est sérieux j’utilise la première et dés que je me méfie, ou ne souhaite pas être reconnu j’utilise la seconde. Le dévoilement de ma vraie identité présuppose la confiance. Confiance dans les autres mais aussi confiance en moi lorsque je m’exprime comme ici.

